Le collège Bembeya, situé dans le chef-lieu de la préfecture de Beyla, est un établissement scolaire créé en 1962. Il forme depuis des générations d’élèves, leur offrant éducation et instruction chaque année, malgré des moyens limités. Cette année, alors que l’école accueille plus de 800 élèves, les acteurs scolaires invitent l’État et ses partenaires à investir davantage pour requalifier l’éducation dans la préfecture.
Le collège Bembeya est le plus grand de la préfecture, notamment en termes d’effectifs. L’établissement compte 15 salles de classe, mais 14 sont actuellement utilisées. Cinq classes de 7e année, quatre classes de 8e année, trois classes de 9e année et deux classes de 10e année accueillent plus de 800 élèves pour l’année scolaire 2025-2026.
Avec l’arrivée du projet Simandou dans la région, cette institution d’enseignement a connu des améliorations. « Le visage du collège a changé grâce au projet Simandou. Ils ont commencé la clôture, ce qui nous permet un peu de canaliser les élèves », a indiqué Sagno Yakpaoro, président de l’APEAE du collège Bembeya de Beyla. « Ceux qui font aujourd’hui notre fierté au projet Simandou, beaucoup ont été formés par les enseignants d’ici. Ces enfants se sont battus pour que nous ayons cela pour la communauté auprès de Rio Tinto. Nous sommes reconnaissants non seulement à l’égard des formateurs, mais aussi à tous ceux qui se sont battus pour leur donner le savoir et la chance qu’ils ont eue d’être là aujourd’hui », a ajouté Kourouma Sayon, principal du collège.
Mais malgré cet apport, le collège rencontre plusieurs difficultés. « Il y a des élèves qui quittent la maison pour venir ici, mais qui n’arrivent pas. Je ne vois pas de parents venir demander comment leur enfant travaille. C’est le premier aspect. Ensuite, il y a les autorités communales. Il faudrait qu’elles viennent souvent autour du mât pour sensibiliser les élèves. Parce que la commune reçoit des dons… donc elle doit normalement s’impliquer. Il faut quand même remercier la commune, parce que, même dans le cadre de la révision des élèves, elle nous assiste, mais ce n’est pas suffisant. Il faudrait que les autorités viennent au mât sensibiliser les jeunes par rapport à certains comportements. Il faut qu’elles viennent nous demander ce qui va et ce qui ne va pas. Là, ce serait une occasion pour nous de relater tout ce qui se passe. Donc il faut que l’autorité s’implique. Les parents doivent s’impliquer, la commune doit s’impliquer », a alerté Sory Zoumanigui, proviseur du lycée Bembeya de Beyla.
Au-delà de ce manque de suivi des élèves, le président de l’APEAE signale le manque d’eau et de latrines au sein de l’établissement. « Nous demandons à Rio Tinto d’achever ce qu’ils ont commencé, notamment la clôture. Cela nous permet de sécuriser et de canaliser les élèves. En même temps, nous les invitons à achever les travaux à l’intérieur, parce que nous n’avons ni eau ni latrines. Avec plus de 800 élèves et 27 professeurs, il n’est pas facile de cohabiter sans latrines ni eau potable », lance Yakpaoro Sagno.
Laye Bangaly Sidibé et Adama Sacko