Mandiana : les femmes maraîchères de Niantanina étouffent sous le poids du manque d'eau et d'accompagnement

10 juin 2026 à 10h 52 5 mins de lecture

Située à plus de cinquante kilomètres du centre-ville de Mandiana, à la frontière entre la Guinée et le Mali, la sous-préfecture de Niantanina fait face à de nombreuses difficultés qui impactent fortement le quotidien de ses habitants. Entre le manque d'eau potable, l'insuffisance d'intrants agricoles, l'absence d'accompagnement technique des producteurs et les difficultés d'accès aux infrastructures de base, les populations peinent à améliorer leurs conditions de vie.

Dans cette localité à forte vocation agricole et minière, les citoyens dénoncent un sentiment d'abandon et interpellent les autorités compétentes ainsi que les partenaires au développement afin que des solutions concrètes soient apportées à leurs préoccupations.

L'agriculture demeure la principale activité économique de Niantanina. La majorité des ménages vit essentiellement de la culture des céréales, du maraîchage et de l'élevage. Cependant, les producteurs sont confrontés à d'importants obstacles qui compromettent aussi bien leurs récoltes que leurs revenus.

Parmi les couches les plus touchées figurent les femmes maraîchères. Chaque année, elles consacrent une grande partie de leur temps à la production de légumes destinés à la consommation locale et à la commercialisation. Ces activités constituent, pour plusieurs familles, la principale source de revenus permettant de subvenir aux besoins quotidiens, de financer la scolarité des enfants et de faire face aux dépenses de santé.

Malgré leur détermination, ces femmes travaillent dans des conditions particulièrement difficiles. Le manque d'eau demeure aujourd'hui leur principale préoccupation.

Selon Saran Diallo, porte-parole des femmes maraîchères de la sous-préfecture, la situation devient particulièrement critique pendant la saison sèche. « Nous souffrons énormément ici. Le premier problème auquel nous sommes confrontées est le manque d'eau. Pendant la saison sèche, nous parcourons de longues distances pour trouver de l'eau afin d'arroser nos cultures. Cela demande beaucoup d'efforts et réduit considérablement notre capacité de production. Sans eau, il devient pratiquement impossible d'obtenir de bonnes récoltes. À cela s'ajoutent les manques d'engrais et de semences de qualité. Plusieurs femmes sont contraintes d'abandonner leurs activités faute de moyens financiers », explique-t-elle.

Au-delà de la pénurie d'eau, les femmes dénoncent également le manque de matériel agricole adapté. La plupart des travaux sont effectués de manière traditionnelle. Ce qui limite les rendements et augmente la pénibilité des tâches.

Pour Saran Diallo, les femmes de Niantanina ne demandent que les moyens nécessaires pour valoriser leur potentiel agricole. « Nous avons la volonté de travailler et de contribuer au développement de notre communauté, mais nous manquons d'accompagnement. Nous demandons aux autorités, aux ONG et aux partenaires au développement de nous venir en aide. Nous avons besoin d'un soutien financier, d'équipements agricoles, de semences améliorées et de systèmes d'approvisionnement en eau. Nous sommes également confrontées à un autre problème majeur : les animaux détruisent régulièrement nos cultures. Nous avons besoin de clôtures solides pour sécuriser nos périmètres maraîchers et protéger le fruit de notre travail », explique la porte-parole.

Même son de cloche chez Nagnouma Sidibé, une autre actrice du maraîchage dans la localité. Elle estime que les difficultés rencontrées par les femmes freinent considérablement leur autonomisation économique. « Le maraîchage est notre principale activité génératrice de revenus. Grâce à cette activité, nous parvenons à soutenir nos familles et à répondre à certains besoins essentiels. Malheureusement, les difficultés sont nombreuses. Nous manquons d'eau, d'intrants agricoles et de moyens financiers. Parfois, après plusieurs mois de travail, nos cultures sont détruites par les animaux ou affectées par le manque d'irrigation. Cela décourage beaucoup de femmes. Pourtant, avec un accompagnement adéquat, nous pouvons produire davantage et contribuer au développement économique de Niantanina », souligne la mère de famille.

Les populations estiment qu'un meilleur accès à l'eau, à travers la réalisation de forages, de puits modernes ou de systèmes d'irrigation adaptés, permettrait d'améliorer durablement les conditions de production. Elles plaident également pour la mise en place de programmes d'appui destinés aux groupements féminins, notamment en matière de financement, de formation et de fourniture d'intrants agricoles.

Mandiana : les femmes maraîchères de Niantanina étouffent sous le poids du manque d'eau et d'accompagnement

À Niantanina, les femmes maraîchères continuent de faire preuve de résilience malgré les nombreuses difficultés auxquelles elles sont confrontées. Mais pour elles, la volonté seule ne suffit plus. Elles espèrent désormais que leurs appels seront entendus afin que leur travail, véritable pilier de l'économie locale, bénéficie de l'attention et du soutien qu'il mérite.

Facély Sanoh

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